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vendredi 16 octobre 2026
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AccueilorangeCovid-19 : « Prudence malgré la décrue de l’épidémie », invite Dominique Voynet

Covid-19 : « Prudence malgré la décrue de l’épidémie », invite Dominique Voynet

Ce sont désormais des flèches vertes qui ponctuent les bulletins de l’ARS Mayotte. De quoi penser que le pic est derrière nous, mais l’hôpital doit encore tenir 2 semaines d’afflux de malades. Une EVASAN Réunion-Paris de patients mahorais est prévue jeudi.

Les indicateurs connaissent une « chute brutale », constate la directrice de l’ARS Mayotte. Que ce soit le taux d’incidence, « passé en quelques jours d’un niveau de 900 extrêmement élevé à 500 », ou le taux de positivité, de plus de 30% à 20%. « Tout cela laisse penser que l’épidémie a atteint son pic. » Mais les niveaux restent élevés, « la phase épidémique est toujours intense ».

Un petit regard dans le rétroviseur, et c’est une frayeur rétrospective : « Le 16 février, nous avons atteint un niveau très nettement supérieur à nos capacités théoriques avec 185 hospitalisations, dont 36 en réanimation ». Les murs ont été de nouveau poussés jusqu’au service d’hospitalisation pédiatrique, « nous avons pu rajouter 7 lits au 32 déjà en capacité maximale. » Heureusement les Evacuations sanitaires ont fonctionné, « nous sommes ce mardi redescendus à 22 patients en réanimation. »

La prudence reste de mise, car « la décrue n’est pas linéaire, la nuit de vendredi à samedi nous avons accueillis 4 patients Covid d’un coup en réanimation. » En moyenne, ils y restent entre 11 et 16 jours, « intubés et ventilés ». Certains s’en sortiront en repassant par le service de médecine, d’autres pas, « en quelques heures, l’état peut se détériorer. » Les moins graves sont Evasanés.

Le clash avec La Réunion a poussé à rechercher des solutions, dont l’Evasan prévue ce jeudi vers la métropole de 4 patients hospitalisés au CHU de La Réunion. Un contexte qui irrite la directrice de l’ARS Mayotte : « La vague hostile de la population réunionnaise qui prétend qu’il n’y aurait pas de tension dans leur hôpital si les mahorais n’y étaient pas accueillis, vient sûrement de la désinformation qui circule dans les réseaux sociaux et de quelques démagogues. En métropole, les patients de Dunkerque ou de PACA partent en Nouvelle Aquitaine, il y a une circulation entre les régions. » Un agacement qui l’incite à glisser, « si l’épidémie régresse ici, nous accueillerons les réunionnais dans nos lits à Mayotte. Nos médecins ont largement fait la preuve de leurs compétences. »

Quasiment 100% de cas de variant sud-africain

Air Austral, aérien, Mayotte, La Réunion
EVASAN ce jeudi de 4 patients mahorais vers la métropole depuis La Réunion

La présence des variants est confortée par les retours de l’Institut Pasteur, « la quasi-totalité des prélèvements reviennent positifs au variant sud-africain. Comme nous avons quelques cas de réinfections, nous attendons de savoir si elles sont provoquées par ce variant. » Si Santé publique France est capable de différencier la présence de variant anglais, des autres, ce n’est pas le cas entre les variants sud-africains et brésiliens, « le précriblage ne le leur permet pas. Nous n’avons constaté que des cas de variants sud-africains, et un de variant anglais, pour l’instant. »

Cette « chute » de l’épidémie était annoncée, assure Dominique Voynet, qui évoque plusieurs modèles, celui du CNRS pour commencer, « qui annonçait le 10 février un pic autour du 25 février-1er mars », puis celui d’un institut lyonnais. Seul le pic des hospitalisations en février était sous-estimé par les prévisions.

Du coup, que disent nos modèles-boules de cristal ? « Nous avons encore 2 semaines difficile avec des réanimations supérieures aux capacités habituelles », mais gérables avec les moyens déployés par le service de santé des armées et de l’ESCRIM. « Nous aurons encore besoin d’eux pendant 2 à 3 semaines. »

L’immunité gagne du terrain

Covid, Santé Publique France, Mayotte, Variant sud-africain
Début février, la foule en attente de dépistage était un signe de la montée en puissance de l’épidémie

Alors pourquoi cette soudaine cassure dans la dynamique épidémique ? « D’abord, beaucoup de monde a eu le virus. Les enfants sont souvent asymptomatiques, et lorsque nous dépistions à l’aveugle dans les villages, il arrivait que 10% de la population soit simultanément positive. Alors que là, pour 87 tests, 3 sont positifs. Ensuite, même si le confinement est mal respecté, les contacts sociaux ont été réduits parfois de moitié ».

L’ampleur de la vaccination devrait aussi avoir un impact. Sur ce sujet, selon Dominique Voynet, le « trou d’air » de la semaine dernière, provoqué par « l’impact dévastateur des réseaux sociaux » provoquant une baisse considérable des candidats à la vaccination, semble passé. « Le public est revenu », notamment depuis que nous avons expliqué les effets secondaires des vaccins, « comme quand on vaccine les enfants, c’est un signe de l’efficacité du vaccin sur le système immunitaire. » Le territoire plutôt très bien doté en vaccins par rapport à la métropole nous avait signalé un médecin de la réserve sanitaire, a obtenu une dérogation pour élargir la vaccination aux professions stratégiques, l’aéroport, les usines de production d’électricité ou de potabilisation de l’eau, etc.

PfizerBioNtech, Dominique Voynet, Mayotte
2ème injection de Pfizer/BioNtech pour Dominique Voynet

Le jeu de ‘je t’aime, moi non plus’ avec le vaccin AstraZeneca, autorisé finalement par la Haute Autorité de Santé, ne débouche sur aucun élément probant pour Mayotte, « il est toujours considéré comme moins efficace sur le variant sud-africain. »

La courbe descendante de l’épidémie ne permet pour autant pas d’espérer une sortie rapide du confinement : « Nous avons discuté avec le préfet en décidant de mettre le paquet pour faire un effort maintenant, pour pouvoir lever le confinement à la fin des vacances scolaires et avant le proche ramadan. » Une période de Carême quoi !

Anne Perzo-Lafond

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