
Le Saison Jazz Festival, c’est encore les néophytes qui en parlent le mieux ! Sitinat Bamana, sa présidente d’honneur, comprenait à peine ce qu’elle faisait là un vendredi après midi, à évoquer au 5/5 un style musical qu’elle a découvert depuis peu : « J’ai répondu aux deux mots clé du Festival ‘jazz’ et ‘éducation’. Qu’est ce que le jazz ? », s’interrogeait-elle, prenant deux secondes de réflexion, « je ne sais pas, mais ce qui se joue dans ma tête maintenant, j’espère que d’autres vont l’avoir ! »
Cette musique afro-américaine créée par les communautés noire et créole du sud des Etats-Unis, a du mal à prendre à Mayotte : « Le jazz représente l’ailleurs. Mais la découvrir, c’est aussi revenir sur nos musiques à nous et tenter de les analyser et les comprendre », avance-t-elle. Ce qui a été fait pour le Deba l’année dernière, mais il reste encore le shigoma et tant d’autres.
« Les manières de danser le jazz et le shigoma sont d’ailleurs très proche, ‘ça groove pareil !’ », lance le linguiste Rastami Spelo, qui se charge de la communication de l’événement.
« Une musique de ‘la haute’ »

C’est aussi pour éveiller les envies que les organisateurs ont proposé un programme* à trois volets : « Les premières journées seront consacrées à l’apprentissage pour nos jeunes artistes, avec des ateliers animés par des compagnies métropolitaines ou réunionnaises et des artistes mahorais. Puis, ce sera le temps des concerts* les 29 et 30 avril pour la Journée internationale du jazz, et le Festival du 12 au 16 mai. Enfin, des conférences sur l’arrivée du jazz à La Réunion et son influence, ou l’étude des bases de cette musique et ses recoupement avec ses sœurs mahoraises et réunionnaises », explique Amina Colombani, la chargée de production.
A Mayotte, aucune formation de jazz, selon eux. « C’est aussi notre objectif : montrer que le jazz est accessible à tous. C’est devenu une musique de ‘la haute’, alors qu’à l’origine ça ne l’était pas du tout », rappelle Rastami Spelo, « L’Afrique reste une source d’inspiration inépuisable. On nous a dit que c’était la liberté. Contrairement à du Mozart, on n’a pas besoin de partition, la part est laissée à l’improvisation, comme dans nos musiques mahoraises. »

L’association organisatrice, Shif-woon, centrée sur l’éducation du public et l’identité culturelle locale, est partenaire d’Hippocampus pour cet événement. Le CUFR est donc impliqué, ainsi que différentes institutions comme le vice-rectorat, « car nous allons travailler avec les chorales des collèges. »
Cochez votre calendrier, vous allez swinguer sur les rythmes de la Nouvelle-Orléans ou du free jazz dans quelques jours, entre Dembéni et Mtzamboro.
A.P-L.
Le Journal de Mayotte
*Journée Internationale Jazz : Groupe Affinity quartet de Bordeaux le 29 avril à 20h au CUFR
Festival :
Compagnie Lubat les 12 et 15 mai à 19h30, concert-conférence au CUFR
Fabio Marouvin & Friends le 13 mai à 20h au Café Room de Combani
Nicolas Vatomanga et Fabio Marouvin&Friends le 14 mai à 19h à Mtzamboro











