Il a suffi d’une seule journée de grève et d’une mobilisation relativement faible dans la rue pour que les agents du conseil général obtiennent l’indexation rétroactive de leur rémunération. Le Président Zaïdani, confiant dans l’équilibre de ses comptes, lâche 2,7 millions d’euros dès cette année.
Grève le matin. Accord de fin de conflit le soir. Etre gréviste au Conseil général, ça paye ! Daniel Zaïdani, le président du Conseil général de Mayotte, a signé ce lundi soir un protocole de fin de conflit avec l’intersyndicale des agents de la collectivité.
Les syndicats du personnel qui avait déposé un préavis de grève illimité le 8 novembre dernier obtiennent des avancées importantes.
Les fonctionnaires du conseil général sont indexés rétroactivement depuis le 1er janvier 2013. Le président Zaïdani va proposer une délibération à l’assemblée du département au plus tard mi-décembre 2013 en ce sens.
L’intersyndicale obtient également «l’amélioration des conditions de carrière des contractuels par la mise en place du dispositif de titularisation et la validation du programme pluriannuel d’accès à l’emploi titulaire». C’est un des serpents de mer qui ressurgit régulièrement sans jamais être totalement réglé depuis le début de la mandature de Daniel Zaïdani.
La fin des corps transitoires ?
L’exécutif promet également de résoudre la question des corps transitoires en régularisant les agents concernés. Ce statut temporaire avait été créé pour transférer les agents de la fonction publique mahoraise dans les catégories A, B, ou C de la fonction publique nationale. Mais ce corps n’a de transitoire que le nom : censé être éteint depuis fin 2010, il concerne encore des milliers d’agents de la fonction publique territoriale mahoraise et des centaines d’agents au conseil général.
Dernière avancée acté par le protocole, la mise en place de discussions, dans le courant de l’année prochaine, sur la mise en place des œuvres sociales.
Dans un communiqué diffusé dans la soirée, le Président du Conseil général «se félicite de l’accord conclut ce jour» et parle d’un «geste fort de l’exécutif de 2,7 millions d’euros dès l’exercice 2013».
Daniel Zaïdani prend ainsi de court les amateurs de calculette qui n’allait pas manquer de demander des comptes au moment où le Président continue d’affirmer parvenir à l’équilibre des comptes à la fin de l’année.
Pour autant, les syndicats eux-mêmes avaient reconnu que les conséquences financières de cette décision se feraient ressentir beaucoup plus nettement dans les années à venir, au fur et à mesure de la montée en puissance de l’indexation.
Les regards se tournent vers l’Etat et la mairies
Si le conseil général s’apprête à dépenser, il communique aussi sur son espoir de trouver de nouvelles recettes du côté… de l’Etat. Le conseil général indique, en effet, que «suite à la réunion du 5 novembre 2013 entre les élus de Mayotte (parlementaires, président de l’association des maires et représentants des syndicats), le Président Daniel ZAÏDANI a écrit le jeudi 14 novembre 2013 à Madame Marylise LEBRACHU, Ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la fonction publique afin de la sensibiliser aux nouveaux défis que devront relever les collectivités locales de Mayotte dans le cadre de la départementalisation, la rupéisation et la réforme fiscale (qui se traduisent par de nouvelles compétences et des charges supplémentaires). A cet effet, une aide financière exceptionnelle a été demandée au gouvernement.»
Compte tenu du contexte budgétaire, rien n’indique que Paris pourrait envisager de lâcher du lest pour Mayotte.
On ne connait pas non plus les réactions dans les mairies où attendaient de voir l’issue du mouvement. Les agents des 17 municipalités, suivant l’exemple de la mairie de Mamoudzou, pourraient aisément, à leur tour, demander leur part du gâteau de l’indexation.
RR











